Celui qui s’illumine

« Celui qui s’illumine » est une nouvelle où l’on croise voyageurs égarés, cochons roux et ânes affamés dans les rues de Londres. J’ai écrit ce texte lors de mon (long !) séjour dans la capitale anglaise de janvier 2013 à novembre 2015. Je m’inspirai librement d’un ami italo-argentin nommé Andres.

Cette nouvelle a été publiée dans le recueil Jetlag Stories, en octobre 2014, aux éditions Emue.

Extrait :

C’était arrivé. Tout à fait inattendu, inespéré, puisque déjà, il n’espérait plus. Cet espoir l’avait quitté très tôt, ou peut-être ne s’était-il simplement jamais formé. Mais voilà, Andrea avait trente ans et c’était enfin arrivé. Il sentait. Il voyait des choses.

Six années s’étaient écoulées depuis son arrivée à Londres. Par un soir de janvier, la capitale britannique lui était apparue grise et gigantesque, bouillante sous son apparente froideur, une machine d’acier, d’argent et de rouages humains. Des visages identiques aux verrous trop serrés, et des sourires creux, comme adressés à l’inexistant.

Dans les couloirs du métro vomissant sans relâche la foule des touristes et des travailleurs, Andrea s’était perdu. Il avait perdu sa personne et le sentiment plein de son existence. Il était devenu autre, pareil à ces visages.

Il n’aimait pas Londres, Londres ne l’aimait pas.

 

« Celui qui s’illumine », in Jetlag Stories, Emue, Mathilde Fonvillars
Octobre 2014
Prix public : 14€
ISBN : 9781922143372